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carême 2018: l' épreuve (3)

Publié le Mercredi 28 février 2018


Épreuve de la confiance

Lorenzo Ghiberti, 1378-1455, le sacrifice d’Isaac

Ce panneau est le lauréat d’un concours mettant en présence deux sculpteurs contemporains, Brunelleschi et Giberthi pour décorer les portes du baptistère de Florence. Ghiberti propose une œuvre dépassant l’esthétique du Moyen Age, emplie d’une élégance et d’un lyrisme plus moderne entrant résolument dans l’ère de la Renaissance. Chaque épisode du texte biblique est fidèlement représenté. La marche d’Abraham et de son fils, le moment du sacrifice, le bélier, et l’ange. Bel ordonnancement structuré par les rochers, équilibre, volumes des corps font de ce relief une des plus belle réalisation de la première Renaissance.

 

Le récit de l’épreuve d’Abraham s’inscrit dans toute une série d’épreuves rencontrées par le patriarche qui ont contribué à affirmer sa personnalité. Cette épreuve es ta plus terrible, est donc le sacrifice de son fils Isaac, son fils né sa femme étant déjà vielle.

Ce récit a toujours été bouleversant à lire. Mais le lisons nous bien ? s’agirait-il d’une mise à l’épreuve de Dieu envers Abraham pour « vérifier » sa foi ? Et pour pouvoir lui promettre un avenir extraordinaire « Je ferai de toi une grande nation et je te bénirai ».

Il s’agit plutôt de lire ce texte avec les yeux de la foi, de la foi d’Abraham. En quel Dieu Abraham croit-il ? Abraham peut-il croire en un Dieu qui demanderait des sacrifices humains ? Non l’épreuve qui est soumise à Abraham est d’un autre ordre, c’est sa foi qui est mise à l’épreuve afin qu’il découvre qui est vraiment Dieu, le Dieu de la promesse.

Au fil du texte, l’auteur nous montre le cheminement de foi d’Abraham qui reste dans l’interrogation, qui attend quelque chose : il agit en sorte qu'on puisse penser que Dieu l'a fait monter avec Isaac pour offrir une holocauste (c'est une traduction possible du v. 2) ; à Isaac, il répond que Dieu « verra ».

Abraham pressent que Dieu n'est pas le Dieu cruel qui lui réclame son fils, et que l'épreuve ne saurait consister dans le sacrifice d'un enfant.
Abraham désormais sait que le Dieu qui lui a donné un fils est définitivement le Dieu de la vie et de la fidélité, le Dieu en qui il peut mettre sa foi.



Le texte biblique

 Après ces événements, Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit : « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! »

 Dieu dit : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l’offriras en holocauste sur la montagne que je t’indiquerai. »

Abraham se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois pour l’holocauste, et se mit en route vers l’endroit que Dieu lui avait indiqué.

Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l’endroit de loin.

Abraham dit à ses serviteurs : « Restez ici avec l’âne. Moi et le garçon nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous. »

Abraham prit le bois pour l’holocauste et le chargea sur son fils Isaac ; il prit le feu et le couteau, et tous deux s’en allèrent ensemble.

 Isaac dit à son père Abraham : « Mon père ! – Eh bien, mon fils ? » Isaac reprit : « Voilà le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ? »

Abraham répondit : « Dieu saura bien trouver l’agneau pour l’holocauste, mon fils. » Et ils s’en allaient tous les deux ensemble.

Ils arrivèrent à l’endroit que Dieu avait indiqué. Abraham y bâtit l’autel et disposa le bois ; puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois.

 Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils.

 Mais l’ange du Seigneur l’appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! »

 L’ange lui dit : « Ne porte pas la main sur le garçon ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. »

 Abraham leva les yeux et vit un bélier retenu par les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils.

« Sur-le-mont-le-Seigneur-est-vu. »

Du ciel, l’ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham.

 Il déclara : « Je le jure par moi-même, oracle du Seigneur : parce que tu as fait cela, parce que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique,

je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, et ta descendance occupera les places fortes de ses ennemis.

 Puisque tu as écouté ma voix, toutes les nations de la terre s’adresseront l’une à l’autre la bénédiction par le nom de ta descendance. »

Gn 22



Commentaires

 C’est par la foi qu’Abraham offrit Isaac, lorsqu’il fut mis à l’épreuve, et qu’il offrit son fils unique, lui qui avait reçu les promesses et à qui il avait été dit : En Isaac sera nommée pour toi une postérité. Il pensait que Dieu est puissant, même pour ressusciter les morts ; aussi le recouvra-t-il en une parabole de résurrection.

Epître aux hébreux (11.17-19)

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