En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

carême 2018 : l'épreuve (6)

Publié le Mercredi 21 mars 2018


Epreuve de la croix

Les instruments de la Passion, église Saint-Pierre de Collonges-la-rouge (Correze)

Les « armes du Christ » (Arma Christi) représentent les instruments de la Passion du Christ. Des objets miniatures, selon une tradition iconographique très ancienne, en particulier au Moyen Age, étaient attachés aux crucifix et aux rosaires, afin d’évoquer et de méditer sur les souffrances du Christ, la croix étant soutenue par deux anges.

On y trouve des marteaux, des clous, des tenailles. Les échelles sont utilisées pour dépendre les croix des crucifiés. l’éponge imbibée de vinaigre est fixée au bout d’une branche d’hysope. Le sceptre (souvent accompagné de la couronne d’épines) évoque la royauté du Christ. Le coq perché en haut de la croix rappelle le reniement de saint Pierre.

Des roseaux au pied de la croix rappellent la flagellation.

 

Au mont des oliviers Jésus subit l’épreuve ultime, portée à son point décisif : il va faire confiance jusqu’au bout au Père et s’en remettre à sa volonté.

L’angoisse et la souffrance de la mort sont à son comble, Jésus lutte, combat avec la peur et la mort par la prière. Il demande à ses disciples de veiller et de prier avec lui, pour traverser l’épreuve, « priez pour ne pas entrer en tentation », pour ne pas entrer dans l’épreuve, perdre confiance, fuir !

Son angoisse est bien humaine, sa sueur devient des gouttes de sang.

Dieu répond à sa prière par l’envoi de son ange, qui, du ciel, le réconforte, Jésus est le Fils soutenu par Dieu lui-même dont il a accepté la volonté . Jésus souffrant ses propres épreuves est devenu solidaire de l’humanité en détresse.



Le texte biblique

 Jésus sortit pour se rendre, selon son habitude, au mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent.

Arrivé en ce lieu, il leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation. »

Puis il s’écarta à la distance d’un jet de pierre environ. S’étant mis à genoux, il priait en disant :

 « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. »

Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait.

Entré en agonie, Jésus priait avec plus d’insistance, et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient sur la terre.

 Puis Jésus se releva de sa prière et rejoignit ses disciples qu’il trouva endormis, accablés de tristesse.

 Il leur dit : « Pourquoi dormez-vous ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. »

 


Lc 22,39-46



Commentaires

Entends ma plainte, Seigneur, écoute ma prière. Qui donc parle ? Il semble que ce soit un seul homme. Regarde si c'est un seul : Des extrémités de la terre, je crie vers toi, parce que mon cœur est angoissé. Il n'est donc plus un seul désormais ; mais il est un seul parce que le Christ est unique, et pourtant nous sommes tous ses membres. Car, est-ce qu'un seul homme crie des extrémités de la terre ? Ce qui crie des extrémités de la terre ne peut être que cet héritage au sujet duquel le Père a entendu cette parole : « Demande, et je te donne les nations en héritage, les extrémités de la terre pour domaine ».

Ce domaine du Christ, cet héritage du Christ, ce corps du Christ, cette unique Église du Christ, cette unité que nous sommes, c'est elle qui crie des extrémités de la terre. Mais que crie-t-elle ? Ce que j'ai dit tout à l'heure : Entends ma plainte, Seigneur, écoute ma prière ; des extrémités de la terre, je crie vers toi. J'ai crié cela vers toi des extrémités de la terre, c'est-à-dire de partout.

Mais pourquoi ai-je crié cela ? Parce que mon cœur est angoissé. Le corps du Christ montre qu'il est, à travers toutes les nations, sur toute la terre, non pas dans une grande gloire, mais dans une grande épreuve.

Dans son voyage ici-bas, notre vie ne peut pas échapper à l'épreuve de la tentation, car notre progrès se réalise par notre épreuve ; personne ne se connaît soi-même sans avoir été éprouvé, ne peut être couronné sans avoir vaincu, ne peut vaincre sans avoir combattu, et ne peut combattre s'il n'a pas rencontré l'ennemi et les tentations.

Il est donc angoissé, celui qui crie des extrémités de la terre, mais il n'est pas abandonné. Car le Christ a voulu nous préfigurer, nous qui sommes son corps, dans lequel il est mort, est ressuscité et monté au ciel ; c'est ainsi que la Tête a pénétré la première là où les membres sont certains de pouvoir la suivre.

Il nous a donc transfigurés en lui, quand il a voulu être tenté par Satan. On lisait tout à l'heure dans l'évangile que Seigneur Jésus Christ, au désert, était tenté par le diable. Parfaitement ! Le Christ était tenté par le diable ; dans le Christ, c'est toi qui étais tenté, parce que le Christ tenait de toi sa chair, pour te donner le salut ; tenait de toi sa mort, pour te donner la vie ; tenait de toi les outrages, pour te donner les honneurs ; donc il tenait de toi la tentation, pour te donner la victoire.

Si c'est en lui que nous sommes tentés, c'est en lui que nous dominons le diable. Tu remarques que le Christ a été tenté, et tu ne remarques pas qu'il a vaincu ? Reconnais que c'est toi qui es tenté en lui ; et alors reconnais que c'est toi qui es vainqueur en lui. Il pouvait écarter de lui le diable ; mais, s'il n'avait pas été tenté, il ne t'aurait pas enseigné, à toi qui dois être soumis à la tentation, comment on remporte la victoire.

Homélie de saint Augustin sur le psaume 60

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