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Jésus , les petits et ceux qui peinent

Publié le Vendredi 30 mai 2008


Rembrandt, (1606-1669) les petits enfants amenés à Jésus,1647-49, Rijksmuseum, Amsterdam

Jésus est au centre de cette gravure, radieux, il est le Fils du Père. Il illumine ce fond de grotte obscure, image du malheur de tous les pauvres, rassemblant ceux qui souffrent, et les enfants, dont il s’entoure. Ce sont eux qui peuvent comprendre la sagesse. Ils s’empressent autour du Seigneur dont les mains sont ouvertes, l’une dirigée vers les petits, l’autre vers Dieu. Il accueille et proclame la louange du Seigneur du ciel et de la terre.

C’est lui qui veille sur les enfants, qui leur annonce le Royaume de Dieu, que eux peuvent comprendre. Le malheur est autour de Jésus, le joug à supporter pour aller vers la gloire de Dieu. Joug que Jésus dit facile à porter, avec lui, le sage, l’aimé de Dieu, lui qui dispense l’amour de Dieu, qui peut donner le repos.

A gauche riches et pharisiens sont aussi là. La pauvreté n’est pas seulement celle de l’argent, c’est aussi celle du cœur, du péché, du manque de sagesse.




Le texte biblique

En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté. Tout m'a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. «Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »
Mt 11,25-30



Commentaires

Ce passage est plein d’espérance et de douceur. mais il invite surtout à rejoindre la prière de louange de Jésus,
La prière s’adresse au Créateur, Seigneur du ciel et de la terre, c’est lui qui, dans sa bonté, se révèle à qui il veut, aux tout-petits. C’est une cause de louange : certaines réalités échappent aux sages et aux savants, les scribes par exemple, (juifs ou chrétiens) tandis que les simples se les voient révéler ; le mot grec nepios signifie petit enfant, mais peut aussi prendre le sens figuré d’homme inintelligent et inexpérimenté, incapable de parler et donc sans pouvoir et sans influence. Tel est le bon vouloir du Père, dont l’amour se porte d’abord sur les petits et les humbles. Les choses cachées, objet de la louange, représentent le Royaume, annoncé en actes et en parole. « Tout m’a été confié par le Père », tout renvoie au thème de la révélation : le Seigneur ressuscité est l’unique révélateur de Dieu et les gens simples l’ont compris dès la mission terrestre de Jésus, car ils ont mis en lui toute leur confiance et tout leur espoir. Tout a été remis au Fils par son Père.
Toute l’initiative revient au Père. Personne ne connaît le Fils sinon le Père, Dieu voit en Jésus son Fils et se fait connaître de lui comme Père. Et personne ne connaît le Père sinon le Fils, Jésus est lié à Dieu par une relation unique. Jésus fait du Père l’expérience intime dans la fidélité. Le Père se fait connaître aussi à celui à qui le Fils veut le révéler ; dans les gestes et les paroles de Jésus, les tout petits ont découvert Dieu comme un Père. Ils ont compris qu’entre Jésus et Dieu, il y a une totale réciprocité, que Jésus veut révéler Dieu et que dans sa mission, Dieu se révèle en personne.
« Tout m’a été confié par mon Père » : cela prépare ce que dira Jésus après la Résurrection : « tout pouvoir ma été donné au ciel et sur la terre ») (28,18). Dans l’Ancien Testament seule la figure mystérieuse de la sagesse pouvait revendiquer une telle intimité avec Dieu. Jésus incarne la sagesse de Dieu.
C’est lui qui dit « venez à moi » (Pr 9,5), le Père appelait son peuple à trouver en lui le réconfort (Is 50,4 ; Jr 6,16), Jésus fait de même.
Il appelle tous ceux qui peinent sous le poids du fardeau, il les appelle à prendre le « joug ». Dans le judaïsme l’image du « joug » s’appliquait à diverses réalités : on parlait du joug de la loi, des commandements, ou du Royaume des cieux, tout ce que le monde s’impose avec joie pour répondre aux exigences de Dieu.
Prendre le joug du Christ ce n’est pas trouver le repos paradisiaque, mais marcher enfin dans la paix et la tranquillité avec celui qui refuse de faire peser son pouvoir, qui se montre doux et humble, selon les béatitudes.

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