En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Crucifixion au dominicain

Publié le Dimanche 15 juin 2008


Hermann Schadeberg, Crucifixion au dominicain, Strasbourg, vers 1410-1415, Colmar, musée d’Unterlinden

A l’occasion de l’exposition Strasbourg 1400, une « méditation » autour de cette œuvre clé qui permet de réfléchir sur la scène de la Crucifixion. (voir l’article sur l’exposition et quelques explications sur l’art de ce tableau dans la rubrique « Actualités » de CETADNET.

Le Dominicain est présenté au pied de la Croix en adoration, à une échelle bien plus réduite que les figures sacrées qui l’environnent (c’est l’usage à l’époque, voir Saint Dominique au pied de la Croix du couvent saint Marc de fra Angelico, à Florence).

C’est la Croix du Christ qui est au centre du tableau, objet de l’adoration de tous. Elle émerge d’un monticule rocheux qui figure le Golgotha, sur lequel sont également perchés, Stéphaton et un autre personnage. Tous deux tiennent une tige de roseau sur laquelle est fixée l’éponge imbibée de vinaigre portée aux lèvres de Jésus.

Autour de cet axe central se déploie un certain nombre de personnages témoins de cet événement capital.
La Vierge en pâmoison et saint jean l’Evangéliste. Il sont à la fois dirigés vers Jésus et nous invitent, nous spectateurs, à les rejoindre et à contempler le Christ dont le corps étiré sur la Croix contraste avec les figures des larrons aux membres contorsionnés.

Sa silhouette effilée, aux membres démesurément allongés, est légèrement tournée vers la Vierge et aussi vers le Dominicain.

Les autres personnages du tableau n’ont pas de lien direct avec le spectateur, mais sont directement tournés vers le Christ, comme la femme (Marie Madeleine ?) aux mains ouvertes en signe d’affliction. Longin aveugle (selon la Légende Dorée, noble vieillard aux yeux encore voilés mais sur le point de recouvrer la vue grâce au sang qui coule le long de sa lance) et l’écuyer qui guide la lance perçant le flanc du Christ ; et de l’autre coté un personnage parfois identifié comme le bon centurion et un jeune homme élégant avec ses amis, sont massés au pied de la croix du mauvais larron. Le « bon centurion » reconnaît que Jésus est vraiment le Fils de Dieu, comme c’est écrit sur la banderole désignant le Christ « c’était vraiment le Fils de Dieu » Mc 15,39), il a les yeux grands ouverts et regarde le Christ avec une rare intensité.

Au-dessus de la Croix du Christ il y avait 14 anges qui participent à cette scène extraordinaire divine. On ne les voit beaucoup, car très abîmées, ils étaient exécutées selon la technique du poinçonné qui permet de modeler les formes en captant la lumière sur la surface dorée grâce à de petites figures apposées en creux sur le fond d’or (signe de la divinité). Ces anges ont diverses fonctions, assister Dieu le Père dans la réception de l’âme du Christ, recueillir l’âme du bon larron (de l’autre coté c’est le diable qui s’empare de l’âme du mauvais larron).
Le soleil et la lune donnent à la scène la dimension cosmique de l’événement.



Le texte biblique



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