En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Carême : esperance joyeuse de la resurrection (1)

Publié le Mercredi 6 mars 2019


Pendant cette période de Carême, le CETAD vous propose de cheminer dans l’espérance joyeuse de la Résurrection, à partir de l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium et de lettres de Paul .

 

1. ESPERANCE DU PEUPLE DE DIEU QUI VEUT QUE TOUT HOMME SOIT SAUVE

 

Dionisios, 1444-1502, icône de la descente aux enfers, monastère de Ferapontov, 1502-3, musée de Saint Petersbourg

Le thème de la descente aux enfers a été jusqu’au 17e la seule manière de représenter la Résurrection.

Selon l’évangile apocryphe de Nicodème, le Sauveur renverse les portes de Hadès qui se brisent sous ses pieds et tend une main secourable à Adam et Eve. Il délivre également les âmes des justes, patriarches, prophètes et autres fidèles, qui se trouvaient dans les Enfers pour leur ouvrir les porte du Royaume des cieux. Il est placé au centre d’une mandorle. Des anges tiennent des sphères en main, symboles de vertu.

Satan est enchaîné par deux anges vêtus de jaune et de rose, contrastant avec les tristes couleurs des lieux infernaux.

Tout en haut de l’icône, trois anges supportent et élèvent la croix du Golgotha.

La Résurrection est la victoire sur la mort, sur toutes nos morts. Le Père, par Jésus, prend tous les hommes par la main pour les relever de leurs enfers, pour les tirer hors de leurs ténèbres.



Le texte biblique

 J’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des intercessions et des actions de grâce pour tous les hommes,

 pour les chefs d’État et tous ceux qui exercent l’autorité, afin que nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme, en toute piété et dignité.

Cette prière est bonne et agréable à Dieu notre Sauveur,

 car il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité.

En effet, il n’y a qu’un seul Dieu ; il n’y a aussi qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus,

1 Tm 2,1-4



Commentaires

Sa résurrection n’est pas un fait relevant du passé ; elle a une force de vie qui a pénétré le monde. Là où tout semble être mort, de partout, les germes de la résurrection réapparaissent. C’est une force sans égale. Il est vrai que souvent Dieu semble ne pas exister : nous constatons que l’injustice, la méchanceté, l’indifférence et la cruauté ne diminuent pas. Pourtant, il est aussi certain que dans l’obscurité commence toujours à germer quelque chose de nouveau, qui tôt ou tard produira du fruit. Dans un champ aplani commence à apparaître la vie, persévérante et invincible. La persistance de la laideur n’empêchera pas le bien de s’épanouir et de se répandre toujours. Chaque jour, dans le monde renaît la beauté, qui ressuscite transformée par les drames de l’histoire. Les valeurs tendent toujours à réapparaître sous de nouvelles formes, et de fait, l’être humain renaît souvent de situations qui semblent irréversibles. C’est la force de la résurrection et tout évangélisateur est un instrument de ce dynamisme.

De nouvelles difficultés apparaissent aussi continuellement, l’expérience de l’échec, les bassesses humaines qui font beaucoup de mal. Tous nous savons, par expérience, que parfois une tâche n’offre pas les satisfactions que nous aurions désirées, les fruits sont infimes et les changements sont lents, et on peut être tenté de se fatiguer. Cependant, quand, à cause de la fatigue, quelqu’un baisse momentanément les bras, ce n’est pas la même chose que les baisser définitivement, car on est submergé par un désenchantement chronique, par une paresse qui assèche l’âme. Il peut arriver que le cœur se lasse de lutter, car, au final, la personne se cherche elle-même à travers un carriérisme assoiffé de reconnaissances, d’applaudissements, de récompenses, de fonctions ; à ce moment-là, la personne ne baisse pas les bras, mais elle n’a plus de mordant ; la résurrection lui manque. Ainsi, l’Évangile, le plus beau message qui existe en ce monde, reste enseveli sous de nombreuses excuses.

La foi signifie aussi croire en lui, croire qu’il nous aime vraiment, qu’il est vivant, qu’il est capable d’intervenir mystérieusement, qu’il ne nous abandonne pas, qu’il tire le bien du mal par sa puissance et sa créativité infinie. C’est croire qu’il marche victorieux dans l’histoire « avec les siens : les appelés, les choisis, les fidèles » (Ap 17, 14). Nous croyons à l’Évangile qui dit que le Règne de Dieu est déjà présent dans le monde, et qu’il se développe çà et là, de diverses manières : comme une petite semence qui peut grandir jusqu’à devenir un grand arbre (cf. Mt 13, 31-32), comme une poignée de levain, qui fait fermenter une grande quantité de farine (cf. Mt 13, 33), et comme le bon grain qui grandit au milieu de l’ivraie (cf. Mt 13, 24-30), et peut toujours nous surprendre agréablement. Il est présent, il vient de nouveau, il combat pour refleurir. La résurrection du Christ produit partout les germes de ce monde nouveau ; et même s’ils venaient à être taillés, ils poussent de nouveau, car la résurrection du Seigneur a déjà pénétré la trame cachée de cette histoire, car Jésus n’est pas ressuscité pour rien. Ne restons pas en marge de ce chemin de l’espérance vivante !"

Pape François, Evangelii Gaudium , 2013, § 276-278

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