En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Saint Ignacre de Loyola

Publié le Mercredi 31 juillet 2019


Michel Ange  1475 -1564 , statue de Moïse pour le tombeau de Jules II, 1513–151 , Église Saint-Pierre-aux-Liens, Rome

Cette statue que nous admirons aujourd’hui seule dans l’Église st Pierre aux liens de Rome devait être intégrée au monumental tombeau de Jules II.

Cela explique la position de Moïse, assis, le tronc de face, la tête puissante, le regard tourné vers la gauche (la future statue de Jules II) et le pied droit reposant à terre, le gauche relevé. Il tient les Tables de la Loi.

Ce visage est impressionnant, quelque peu surhumain. La force du personnage soulignée par une musculature exubérante, traduit l’exploit de Moïse ayant vu Dieu, et poursuivant sa mission auprès du peuple d’Israël.

Son visage est affublé de cornes, allusion à l’aura, aux rayons dont parlent la bible. En effet la traduction de la Bible en latin par st Jérôme au 5e siècle (qu'on a appelée la Vulgate et qui est devenue la Bible de l'Occident latin), décrivait Moïse comme « cornatus », c'est-à-dire « cornu ».

 En réalité, saint Jérôme aurait pu être trompé par la proximité en hébreu des mots hé keren, cornu et karan, rayonnant, en raison de l’absence de voyelles dans l’écriture hébraïque ancienne.

Cela a fait l’objet de commentaires variés, dont ceux de Thomas Römer, professeur de bible hébraïque à la faculté de théologie et des sciences des religions de l’université de Lausanne.

Si nous voyons, à notre époque contemporaine, dans les cornes un attribut grotesque, animal ou démoniaque, il n’en était pas de même à l’époque où le Livre de l’Exode a été rédigé. Influencés par les cultures de Mésopotamie, où la corne marque la force d’un dieu, les Hébreux y voyaient au contraire un signe de puissance divine.



Le texte biblique

 Lorsque Moïse descendit de la montagne du Sinaï, ayant en mains les deux tables du Témoignage, il ne savait pas que son visage rayonnait de lumière depuis qu’il avait parlé avec le Seigneur.

 Aaron et tous les fils d’Israël virent arriver Moïse : son visage rayonnait.

 Comme ils n’osaient pas s’approcher, Moïse les appela. Aaron et tous les chefs de la communauté vinrent alors vers lui, et il leur adressa la parole.

 Ensuite, tous les fils d’Israël s’approchèrent, et il leur transmit tous les ordres que le Seigneur lui avait donnés sur la montagne du Sinaï.

Quand il eut fini de leur parler, il mit un voile sur son visage.

Et, lorsqu’il se présentait devant le Seigneur pour parler avec lui, il enlevait son voile jusqu’à ce qu’il soit sorti. Alors, il transmettait aux fils d’Israël les ordres qu’il avait reçus,

 et les fils d’Israël voyaient rayonner son visage. Puis il remettait le voile sur son visage jusqu’à ce qu’il rentre pour parler avec le Seigneur.

Ex 34,29-35



Commentaires

Moïse était parti sur la haute montagne du Sinaï pour y rencontrer Dieu, converser avec son Seigneur.

Le peuple resté dans le désert, s’est fatigué d’attendre son retour.

Ainsi le peuple « à la nuque raide » s’est construit un dieu, un veau d’or. Un dieu fait de mains d’homme, image de son propre désir.

L’attente avait été trop longue, la tentation trop forte. Le peuple préfère sa propre image pour objet d’adoration. C’est alors qu’il s’est perdu. C’est son propre reflet qu’il en est venu à adorer, à nommer Dieu. Les dieux a notre image sont nombreux. Comment les quitter ?

Moïse a réussi à arracher son peuple à la colère du Seigneur, et ce au prix d’une lutte intense qui a ouvert toujours plus son âme à l’intimité de son Dieu.

Ainsi Moïse repart près de son Dieu, sur la montagne du Sinaï, 40 jours et 40 nuits, pour réécrire la Loi, la Parole de Dieu, qui avait été brisée devant le désastre réalisé par le peuple trop humain. Moïse sort de la présence de Dieu, il est porteur des « tables du témoignage », ce ne sont pas les premières tables qu’il a reçues sur le Sinaï, Dieu donne a nouveau à ceux qui l’aiment ce qui est nécessaire pour rester libre, et non esclave de soi-même, pour rester fidèle, pour rester vivant.

Aventure incroyable pour Moïse, en revenant son visage porte sur lui la trace de Dieu. Lui parler, le contempler laisse sa marque, sur la peau, sur la chair.

Il n'est pas possible d'être en contact avec Dieu, de jouir des révélations de sa grâce, sans que cela se traduise extérieurement Le visage de Moïse rayonne, bien qu'il ne le sache pas lui-même.

Paul rapporte cela à nous tous «  Et nous tous qui n’avons pas de voile sur le visage, nous reflétons la gloire du Seigneur, et nous sommes transformés en son image avec une gloire de plus en plus grande, par l’action du Seigneur qui est Esprit. » 2 Co 3,18.

Voilà ce qui nous est offert, porter sur nos traits ceux du Christ, ceux de la miséricorde et de la vie donnée.

 

 

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