En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

La Transfiguration

Publié le Mardi 6 août 2019


Icône portative de la Transfiguration, vers 1200, mosaïque, musée du Louvre

Au centre, une mandorle passant d’un bleu obscur à un blanc éclatant, forme une ouverture vers le ciel, une aura entourant le Christ rayonnant de gloire. Ne rappelle-t-elle pas la nuée, signe de la présence de Dieu auprès de son peuple dans le désert, à la fois proche et insaisissable, cette nuée qui guida le peuple au cours de l’Exode ?

Moïse (à droite tenant la Table de la Loi) et Elie, les deux figures majeures de l’Ancienne Alliance, ont fait l’expérience de cette présence divine. Représentés aux côtés du Christ, ils rendent témoignage : en lui, ils reconnaissent Celui qui s’est manifesté à eux au sommet du mont Sinaï ou sur les hauteurs de l’Horeb. Réunis, ils symbolisent la Loi et les Prophètes : tout ce que Dieu a mis en oeuvre dans l’Ancienne Alliance pour parler aux hommes.

Au pied de la montagne les trois disciples Pierre, Jean et Jacques fléchissent les genoux face à la lumière divine. Ils ne peuvent encore entrer dans le mystère de la gloire de Dieu. Jean est terrassé, Jacques se protège de la main tout en cherchant à se tourner vers l’insoutenable clarté, et Pierre, inconscient ou inspiré, ose troubler ce moment en s’adressant à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie » (Mt 17, 4).

Un rayon de lumière venu du ciel et passant par Christ symbolise l’Esprit du Père. Il se partage pour atteindre les deux prophètes et les trois apôtres. En lui les hommes sont unis au Père et au Fils et sont reliés entre eux. Il dessine comme une croix qui semble se dresser sur la montagne que surplombe le Christ, allusion au Gogoltha. Le chemin se fera dans les souffrances et les ténèbres, et pour y préparer ses disciples, Jésus les inonde de sa lumière.



Le texte biblique

En esprit, (un ange) m’emporta sur une grande et haute montagne ; il me montra la Ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu :

La ville n’a pas besoin du soleil ni de la lune pour l’éclairer, car la gloire de Dieu l’illumine : son luminaire, c’est l’Agneau.

Ap 21, 10.23



Commentaires

Un autre motif de cette apparition, c'est que le peuple affirmait du Sauveur, qu'il était Elle ou Jérémie, il fallait donc distinguer le Maître du serviteur, faire voir d'ailleurs que le Sauveur n'était ni l'ennemi de Dieu, ni violateur de la loi, car autrement, ni Moïse, qui avait donné la loi, ni Elie, qui avait soutenu avec tant de zèle les intérêts de la gloire de Dieu, n'eussent paru à ses côtés. C'était encore pour manifester les vertus de ces deux grands hommes, car tous deux s'étaient plusieurs fois exposés à la mort pour la défense des commandements de Dieu. Le Sauveur voulait aussi les proposer comme modèles à ses disciples dans le gouvernement du peuple, en leur inspirant la douceur de Moïse et le zèle d'Élie. Enfin il les fait paraître pour montrer la gloire de la croix, et consoler ainsi Pierre, et tous ceux qui craignaient les souffrances: «Ils s'entretenaient de sa fin qu'il devait accomplir en Jérusalem ».

Saint Jean Chrysostome, 344/349- 407, homélie 56 sur la Transfiguration

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