En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Toi, Seigneur, tu peux donner la vie

Publié le Jeudi 17 juillet 2008




Cette icône bien connue est l’expression de l’immense espérance des hommes pour le salut apporté par le Christ.

Le Christ au centre, dont le vêtement blanc, qui forme comme une aile, dit la gloire, jaillit comme l’éclair. Son corps n’a pas de poids , c’est un corps spirituel, transfiguré.

Par sa mort sur la croix que deux anges tiennent au haut de l’icône, le Christ a foulé la mort, et il donne la vie à ceux qui sont dans les tombeaux.

Il prolonge son incarnation terrestre, dépassant les montagnes et les rochers, pour descendre au plus profond des abîmes de la création déchue. Les portes de l’enfer sont fracassées et s’ouvrent sous ses pieds.

Il manifeste sa puissance et sa bonté en allant au delà de notre monde, dans les ténèbres sombres où séjournent le premier Adam et sa prospérité, il et abolit les ténèbres par l’éclat de la Lumière divine, représentée par son vêtement blanc.

Il saisit la main d’Adam et d’Eve dont les mains sont couvertes en signe de révérence envers le Christ. Par ce geste le Christ arrache Adam des ténèbres de la mort, entraînant avec lui toute l’humanité. Derrière Eve, se pressent Moïse, des justes et des annonciateurs de la venue du Seigneur. A gauche, vêtus d’ornements royaux David et Salomon sont en prière et leurs mains sont ouvertes en signe d’accueil. On devine derrière eux d’autres personnages, des rois et des prophètes. Jean Baptiste est aussi présent dans ce groupe, de la main, il montre le Christ.

L’espérance des hommes est comblée, ils seront élevés dans la gloire de la divinité : c’est le Christ qui a pris l’initiative de notre salut.



Le texte biblique


Le chemin du juste va tout droit, et toi qui es droit, Seigneur, tu aplanis le sentier du juste. Sur le chemin que tracent tes sentences, nous espérons en toi, Seigneur. Nous rappeler ton nom, voilà tout notre désir. Mon âme aspire vers toi pendant la nuit,
mon esprit te cherche dès le matin. Lorsque tes jugements s'exercent sur la terre,
les habitants du monde découvrent la justice. Seigneur, tu nous assureras la paix,
car même ce que nous entreprenons, c'est toi qui l'accomplis pour nous. Seigneur, dans la détresse on a recours à toi ; quand tu sévis, on se répand en prières. Nous avons été devant toi, Seigneur, comme une femme enceinte sur le point d'enfanter, qui se tord et crie dans les douleurs. Nous avons conçu, nous avons été dans les douleurs, mais nous n'avons enfanté que du vent : nous n'apportons pas le salut à la terre, nous ne donnons pas naissance aux habitants du monde. Tes morts revivront, leurs cadavres ressusciteront. Réveillez-vous, criez de joie, vous qui demeurez dans la poussière, car ta rosée, Seigneur, est une rosée de lumières, et la terre ramènera au jour les trépassés.

Is 26,7…19



Commentaires


Isaïe attend le Seigneur, l’espère, il pense que qu’il viendra très bientôt : les évènements conduisaient à une crise où Dieu devait donner la victoire à son peuple. Mais le temps passe et rien n’arrive. Bien des juifs désespèrent, ils ne croient plus que les forces humaines puissent préparer quelque chose de vraiment nouveau et ils mettent tous leurs espoirs dans une intervention divine qui ébranlera l’ordre du monde. C’est le thème des trois chapitres 24-27 du livre d’Isaïe, chapitres qui ont été intercalés tardivement dans le livre.
Notre texte est un véritable psaume, et traduit bien la situation d’Israël après le retour d’exil. Le peuple était plein d’espérance, espérance en Dieu, « nous rappeler ton nom, voilà tout notre désir ». Le peuple était plein d’ardeur pour reconstruire, il aspirait à une nouvelle création, à une nouvelle naissance. Mais il constate que malgré les douleurs connues, il n’a abouti à rien, « il n’a enfanté que du vent ». Il ne peut apporter le salut à la terre, il est incapable de se sauver lui-même. Le prophète comprend que seul le Seigneur peut apporter la paix ; ce que le peuple entreprend, c’est le Seigneur qui l’accomplit ; aussi demande-t-il à Dieu de hâter l’heure de la restauration. Et comme Dieu est juste, il ne donnera pas seulement aux vivants la libération attendue, mais il relèvera les innocentes victimes qui lui ont fait confiance pour qu’elles aussi elles connaissent la paix de Dieu. Les morts revivront, la terre ramènera au jour les trépassés ! L’espérance grandiose qui se lève est celle de la résurrection : Dieu donne à nouveau la vie et la donne à profusion.

Le livre d’Isaïe nous propose ici l’une des plus anciens témoignages bibliques de l’espérance en une résurrection, un texte d’aspiration profonde au salut qui ne peut venir que de Dieu, l’homme ne pouvant rien faire sans son secours et son aide.






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