En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

L’enseignement d’Esdras

Publié le Jeudi 3 octobre 2019


Esdras travaillant à la nouvelle rédaction de la Bible, codex amiatinus, 700-725, billiothèque laurentienne, Florence

Le codex Amiatinus est un manuscrit de la Bible en latin datant de la din du 7e/debut 8e siecle . C’est l’un des plus anciens témoins conservés des traductions latines de saint Jérôme réunies en un seul volume.

Il contient 1029 feuilles de velin ayant nécessité 1500 peaux de veaux pour les trois exemplaires, et sept scribes pour l’écriture et la décoration, Il a été réalisé dans le célèbre scriptorium de l’Abbaye bénédictine de Wearmouth -Jarrow en Northumbrie au Nord de l’Angleterre.

Il est fort bien conservé.

Il contient également trois peintures élaborées dont l'une représente le prophète Esdras  écrivant la Bible.

Le prophète Esdras est représenté écrivant, devant une armoire aux portes ouvertes sur des étagères de livres, ce qui révèle l’érudition d’Esdras. Le détail de sa figure auréolée montre un homme aux yeux grands ouverts, au grand front, un sage très attentif à son travail.



Le texte biblique

  Tout le peuple se rassembla comme un seul homme sur la place située devant la porte des Eaux. On demanda au scribe Esdras d’apporter le livre de la loi de Moïse, que le Seigneur avait prescrite à Israël.

 Alors le prêtre Esdras apporta la Loi en présence de l’assemblée, composée des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre. C’était le premier jour du septième mois.

  Esdras, tourné vers la place de la porte des Eaux, fit la lecture dans le livre, depuis le lever du jour jusqu’à midi, en présence des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre : tout le peuple écoutait la lecture de la Loi.

  Le scribe Esdras se tenait sur une tribune de bois, construite tout exprès.

 Esdras ouvrit le livre ; tout le peuple le voyait, car il dominait l’assemblée. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout.

 Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit : « Amen ! Amen ! » Puis ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant le Seigneur, le visage contre terre.

 Les lévites, expliquaient la Loi au peuple, pendant que le peuple demeurait debout sur place.

 Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les lévites traduisaient, donnaient le sens, et l’on pouvait comprendre.

 Néhémie le gouverneur, Esdras qui était prêtre et scribe, et les lévites qui donnaient les explications, dirent à tout le peuple : « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi.

 Esdras leur dit encore : « Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n’a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu ! Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart ! »

 Les lévites calmaient tout le peuple en disant : « Cessez de pleurer, car ce jour est saint. Ne vous affligez pas ! »

Puis tout le peuple se dispersa pour aller manger, boire, envoyer des parts à ceux qui n’avaient rien de prêt, et se livrer à de grandes réjouissances ; en effet, ils avaient compris les paroles qu’on leur avait fait entendre.

Ne 8,1-12

 



Commentaires

Les livres d’Esdras et de Néhémie ne formaient à l’origine qu’un seul et même livre. Ils appartiennent à la période qui suivit le retour des Juifs de la captivité de Babylone et qui s’est prolongée sous la domination perse pendant près de deux siècles (520-330 av. JC). L’activé des deux personnages principaux , Esdras et Néhémie, qui n’est mentionnée nulle part ailleurs dans les livres de l’Ancien Testament, permet le renouveau du judaïsme à Jérusalem.

Le chapitre 8 de Néhémie raconte comment Esdras restaure le culte et la célébration des fêtes conformément à la Loi de Moïse qu’il a apportée de Babylone. Esdras, à la fois scribe et prêtre, érudit dans la connaissance de la Loi, en fait une lecture publique

La grande liturgie à laquelle le texte nous fait assister est une reprise du don de la Loi par Dieu au Sinaï, et donc un grand renouvellement de l'Alliance entre Dieu et son peuple.

Cette intervention d’Esdras, parenthèse dans le récit historique, permet la mise en forme d’une forme de religion singulière qui trouve son ancrage dans le Temple reconstruit, la Loi lue et commentée, et la pratique cultuelle du repentir (Kippour). Elle correspond à la mise en forme définitive des cinq livres de la Loi : la Torah.

Esdras dans sa prédication énonce une ébauche du culte synagogal, même si, en tant que telles, les synagogues ne sont guère attestées avant le tournant de l’ère chrétienne.

Debout sur une estrade de bois, Esdras ouvre le livre et prononce une bénédiction avant de débuter la lecture.

Le texte est expliqué à la foule rassemblée par les Lévites, ce qui renvoie à l’exercice synagogal.

Il s’agit de rendre claire l’expression de la Loi afin que chacun puisse se convertir en l’écoutant. En effet, on ne comprenait plus l'hébreu, et il fallait traduire au fur et à mesure en araméen. C'est l'origine du Targum, traduction orale en araméen de la Loi et des prophètes.

 

 

 

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