En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

La persévérance de la prière

Publié le Jeudi 10 octobre 2019


John Everest Millais, 1829-1896, Parabole de l’ami importun, 1864, Tate Gallery Londres.

John Everest Millais est un peintre et  illustrateur britannique préraphaélite, mouvement artistique de la moitié du 19e siècle qui veut imiter la peinture des maîtres italiens du 15e, en particulier Raphaël.

Millais fut reconnu très jeune et eut une activité intense, son œuvre la plus connue est « Ophélie ».

Dans les années 1860 il produit de nombreuses gravures pour différents journaux et illustra nombre de paraboles bibliques.

Cette illustration de la parabole de l’ami importun est réalisée avec grand talent.

L’ami arrive pendant la nuit, il fait froid, il est vêtu d’un épais manteau de fourrure, de bottes et d’un chapeau bien couvrant, le protégeant de la pluie. Il est accompagné de son chien. Il occupe la plus grande partie de la gravure. Il est imposant. La campagne est sombre.

A travers une porte étroite, on aperçoit son ami, peu vêtu, l’oeil regardant fixement le voisin qui le regarde aussi intensément, échange amical entre eux, les lèvres esquissent un sourire. Il lui tend un belle, grosse miche de pain que l’ami prend en tendant les mains en signe de remerciement.



Le texte biblique

 Jésus leur dit encore : « Imaginez que l’un de vous ait un ami et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander : “Mon ami, prête-moi trois pains,

 car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir.”

 Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond : “Ne viens pas m’importuner ! La porte est déjà fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose.”

 Eh bien ! je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut.

 Moi, je vous dis : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira.

En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira.

 Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ?

 ou lui donnera un scorpion quand il demande un œuf ?

 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »

Lc 11,5-13



Commentaires

Luc raconte une parabole de Jésus pour faire comprendre ce qu’est la prière de demande et comment il faut savoir faire preuve de ténacité envers Dieu… et Luc trouve cela si important qu’il répétera cet enseignement au chapitre 18.

Luc demande à l’auditeur de s’impliquer, de porter un jugement personnel : la question nous est posée à nous !

Il y a l’ami importun qui vient frapper en pleine nuit pour demander du pain en vue de le donner à un autre ami qui est venu de loin lui demander l’hospitalité.

Il va donc trouver son voisin-ami pour lui demander trois pains, mais ce dernier refuse craignant de réveiller ses enfants. Jésus pour commenter cette parabole, part précisément de ce refus d’agir par amitié. Mais le demandeur insiste et il donnera ce dont son ami a besoin. La persévérance est payante !

Puis Jésus élargit le champ de l’histoire. Il invite les disciples à prier en partant d’un présupposé de sagesse humaine. Celui qui « cherche » est un mot utilisé dans la Bible pour évoquer l’étude qui est une forme de la prière. Comme le ferait un sage, Jésus énumère trois façons de demander, demander, chercher, frapper, puis le résultat de chacune d’elles.

L’accent n’est cependant pas sur la persévérance de l’homme, mais sur le don de Dieu. Trois verbes renvoient à l’action de Dieu, il vous sera donné, il vous sera ouvert. L ‘homme doit faire confiance à celui qui donne, à celui qui ouvre.

Puis Jésus justifie cette confiance, « quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ? ». En revenant sur l’expérience quotidienne de chacun, il engage la comparaison entre le père céleste et le père humain. La bonté de Dieu est sans commune mesure avec celle des parents terrestres.

Mais la conclusion est décalée : Dieu ne nous donne pas ce que nous demandons immédiatement et matériellement ; il nous donne autrement et plus, il nous donne son Esprit, pour que nous puissions envisager ce que nous vivons avec son propre regard….

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