En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Le tombeau des prophètes

Publié le Jeudi 17 octobre 2019


Tombe de Zacharie, 1er siècle, Jérusalem

La tombe de Zacharie est un monument funéraire situé dans la vallée du Cédron à Jérusalem, au pied du cimetière du mont des Oliviers. Il est attribué par le folklore à Zacharie mort et assassiné au 9e siècle av JC.

Le monument date du 1er siècle. c’est un monolithe carré de 5,5m de côté et sans ouverture.

La partie supérieure a la forme d’une pyramide, les colonnes sont de style ionique et la corniche est d’inspiration égyptienne.

Il s’agit en fait d’un nefresh, monument funéraire, qui marque l’emplacement d’une tombe.

Des fouilles réalisée en 1960 ont révélé une petite chambre située sous le monument qui est à relier à une chapelle construite au 4e siècle pour recevoir les reliques de Jacques le Mineur et des prêtres Simon et Zacharie.

Les inscriptions en hébreu sur le monument sont des lamentation juives ajoutées au 16e siècle.

La tombe du prophète Zacharie aurait été découverte en 2011 à Khirbet Midras, site d’une communauté juive de l’ère romaine dans le centre du pays. Sous l’édifice fouillé se trouve une deuxième couche de mosaïque au dessous de laquelle un réseau de grottes pourrait recéler la tombe de Zacharie.



Le texte biblique

 Quel malheur pour vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, alors que vos pères les ont tués.

Ainsi vous témoignez que vous approuvez les actes de vos pères, puisque eux-mêmes ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux.

 C’est pourquoi la Sagesse de Dieu elle-même a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; parmi eux, ils en tueront et en persécuteront.

 Ainsi cette génération devra rendre compte du sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la fondation du monde,

 depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, qui a péri entre l’autel et le sanctuaire. Oui, je vous le déclare : on en demandera compte à cette génération.

 Quel malheur pour vous, docteurs de la Loi, parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance ; vous-mêmes n’êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés. »

 Quand Jésus fut sorti de la maison, les scribes et les pharisiens commencèrent à s’acharner contre lui et à le harceler de questions ;

ils lui tendaient des pièges pour traquer la moindre de ses paroles.

Lc 11, 47-54

 



Commentaires

Jésus s’appuie sur une tradition orale juive bien représentée à son époque : la persécution et le meurtre des prophètes par le peuple d’Israël. Dans un ouvrage apocryphe « Vies des prophètes » il est rapporté qu’Isaïe fut scié en deux, que Jérémie fut lapidé, Amos assommé, comme l’auteur de la lettre aux Hébreux le rappelle (He 11,32-40). Jésus rappelle aussi ici le meurtre de Zacharie, fils de Joad (2 Ch 24 ,22), dont le sépulcre se trouve à Jérusalem, de même que celui d’Isaïe.

Jésus s’en prend à ceux qui bâtissent des monuments commémoratifs là où reposent les corps des grands prophètes que leurs ancêtres avaient martyrisés, alors qu’eux-mêmes ne suivent pas les appels de ces prophètes à la conversion.

Le projet de la Sagesse éternelle est d’envoyer des prophètes pour appeler chacun à la conversion

Le refus et le meurtre des prophètes sont pourtant une constante dans l’histoire. Le premier martyr est Abel (Gn 4,8), parce qu’il avait, d’après la tradition orale, affirmé à son frère Caïn que Dieu était juste et le ressusciterait des morts.

Tel est le modèle que Jésus va suivre, lui, le prophète des derniers temps qui subira le sort de ses devanciers.

Pourquoi les êtres humains ne supportent-ils pas les prophètes ? Non, parce que ceux-ci prévoient l’avenir, mais au contraire parce qu’ils dénoncent l’injustice, le mensonge et l’exploitation de l’homme par l’homme, ils font venir au jour les pensées de haine et les désirs de meurtre cachés au fond des cœurs. A l’inverse ils appellent à la conversion, à la réconciliation et à l’accueil du Dieu qui veut bénir et nous demande de faire le bien.

Or, il y a peut-être plus grave : certains prétendent savoir ce que Dieu veut ; ils connaissent les Écritures qui donnent accès à la connaissance de Dieu et à son dessein de salut, mais ils mentent aux autres en leur imposant des exigences radicales qui ne correspondent en rien à la volonté miséricordieuse de Dieu. Ils cachent les clés de la connaissance, s’appropriant un pseudo-savoir une autorité doctrinale et morale pour asseoir leur domination. Or Dieu se révèle aux simples et aux humbles !

La mise en garde vaut pour les autorités religieuses et morales de tous les temps !

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