En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Sainte Anne

Publié le Samedi 26 juillet 2008


Masolino (1383-1440) et Masaccio (1401-1428), La Trinité mariale - 1424. Les Offices, Florence

Ce tableau est fort connu pour l’évolution de l’histoire de l’art, du fait de la prise en compte du volume corporel des personnages qui annonce l’arrivée de la Renaissance . Les spécialistes s’accordent en général à attribuer la Vierge et l’enfant à Masaccio et sainte Anne à Masolino. Les anges tout autour, à l'exception de celui situé à l'extrême droite, ont encore une facture gothique.
Cette descendance de Anne jusqu’à Jésus, ne nous est connue que par les Evangiles apocryphes écrits entre les 2e et 6e siècles, le Protévangile de Jacques et Pseudo-Matthieu

La vie de sainte Anne fut inspirée par celle d'Hannah et son fils, le prophète Samuel ; d’où le récit qui veut qu’après un mariage de vingt ans sans enfants avec Joachim (« Dieu accorde), Anne (la grâce, la gracieuse) enfanta Marie.
Le culte de sainte Anne fut très répandu à la fin du Moyen Age, époque à laquelle fleurit une multitude de statues montrant Anne, Marie et l’enfant Jésus ; ces statues, appelées « trinités mariales », furent interdites par l’ Eglise à la fin du 16e pour éviter la confusion avec la Trinité au sens théologique.
Anne est donc représentée en « grand’mère » de Jésus
Elle pose sa main sur l’épaule de Marie et impose l’autre main sur Jésus. Anne a contribué à la venue sur terre de Jésus : toute la création, avec les anges le reconnaît et loue le Seigneur. Elle fut une mère qui éduqua son enfant, Marie, la protégea et laissa Dieu faire son œuvre. Anne est représentée imposante, les bras largement ouverts, son manteau rouge protecteur englobe toute sa descendance.
Marie est bien représentée comme la fille d’Anne et la mère de Jésus qui ainsi s’inscrit dans la lignée d’Anne et de Joachim. La jeune femme, porte son enfant sur ses genoux, dans la continuation de la protection d’Anne. Marie regarde au loin ; quant à Jésus, ce n’est plus un nourrisson, il bénit les générations à venir.
Ce tableau met en valeur dans la succession des générations l’importance de chacun pour la réalisation du salut. De même, Ben Sirac appelle à ne pas oublier ceux qui ont précédé la génération actuelle !



Le texte biblique


Faisons l'éloge de ces personnages glorieux qui sont nos ancêtres. Il y a des gens dont le souvenir s'est perdu ; ils sont morts, et c'est comme s'ils n’avaient jamais existé, c'est comme s'ils n'étaient jamais nés, et de même leurs enfants après eux. Il n'en est pas ainsi des hommes de miséricorde, leurs œuvres de justice n'ont pas été oubliées. Leur bonheur durera autant que leur postérité,
leurs descendants forment un bel héritage. Leur postérité a persévéré dans les lois de l'Alliance, leurs enfants y sont restés fidèles grâce à eux. Leur descendance subsistera toujours, jamais leur gloire ne sera effacée. Leurs corps ont été ensevelis dans la paix,
et leur nom reste vivant pour toutes les générations. Les peuples raconteront leur sagesse, l'assemblée proclamera leurs louanges.

Ben Sirac le sage 44, 1…15



Commentaires

Le livre est l’œuvre d'un certain Jésus (= Josué) fils de Sirac (en hébreu Ben Sira), d'où l'appellation moderne de Siracide (livre dont l’ancienne appellation dérivée de la traduction latine est « l'Ecclésiastique »). L'auteur vivait à Jérusalem avant l'insurrection des Maccabées (début du deuxième siècle av. J.C.). Spécialiste fervent des Écritures saintes d'Israël, ayant beaucoup voyagé, il appartenait au monde des Sages.

Notre passage est l’introduction d’une partie du livre, généralement appelé « la galerie des ancêtres » ou « l’éloge des pères »
Contrairement aux anciens livres de sagesse, qui ne mentionnent pour ainsi dire pas le nom de Dieu, le livre de Ben Sirac fait un usage fréquent du nom de Dieu de l’Alliance, le Seigneur de qui vient toute sagesse.

Les hommes dont Ben Sirac veut conserver la mémoire, établir la renommée et proclamer l’éloge, sont qualifiés d’homme de gloire, de miséricorde, de fidélité : il s’agit d’hommes pieux (les hassidim en hébreux) à qui le Seigneur a donné toute sagesse (Si 43, 33). On retrouve dans ce texte beaucoup de points communs avec le cantique de Moïse en Deutéronome 32,1-43 ; mais dans le texte du Siracide, ces hommes, malgré leurs faiblesses et leurs péchés, ont correspondu à la fidélité du Seigneur, parce qu’ils ont été, comme lui, justes et miséricordieux. Au fond il s’agit de tous les pères qui ont été fidèles à l’Alliance offerte par Dieu.

La mémoire des vivants se rapporte aux ancêtres morts. L’oubli des ancêtres par leurs descendants est la honte suprême. C’est contre un tel déshonneur que s’insurge Ben Sirac. Le devoir de mémoire vis à vis des ancêtres glorieux s’inscrit dans la suite normale de la louange des œuvres du créateur qui occupe les chapitres précédents ( 42,15-43,32). Le devoir de mémoire et le rappel des grands ancêtres assure l’identité du peuple à travers les siècles et lui permet de s’inscrire dans la fidélité à l’Alliance.





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