En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

La Transfiguration

Publié le Mercredi 6 août 2008


Raphaël,( 1483-1520) La Transfiguration 1516-1520 , Vatican (partie supérieure)
Tableau fort connu de Raphaël, mais tellement émouvant en ce jour de la fête de la Transfiguration. Il s'agit de la dernière œuvre de Raphaël, son testament spirituel ; Giorgio Vasari, célèbre artiste et biographe du XVIe siècle, l'a décrite comme "la plus célébrée, la plus belle et la plus divine".
Le Christ transfiguré, dans une aura de lumière et de nuages, flotte au-dessus de la colline, accompagné de Moïse et Elie. Ses bras tendus rappellent la forme de la croix sur laquelle il est mort.
La vive lumière qui entoure le Christ, a l’air de provoquer également un vent improbable, surnaturel, que l’on voit dans les drapés d’Elie et de Moïse, ainsi que dans leurs cheveux. Les nuages même sont concentrés autour de Jésus. Celui-ci, vêtu de blanc, en léger contrapposto, les hanches larges, le drapé flottant, les bras ouverts, est représenté en lévitation.

Le mont Thabor .est représenté par un monticule de terre, seuls quelques arbres à gauche et au lointain un village évoquent le décor. Ce n’est pas l’important.
Les apôtres sont terrassés à terre, mais ils sont dans la lumière, ils voient et pourront témoigner.
Les deux petits personnages à droite qui sont en train de prier et qui n’apparaissent pas dans le passage de la Bible sont Félix et Agapit qui soutiennent alors la manifestation du Christ.
Ici n’est présentée que la partie supérieure du tableau consacrée à la Transfiguration, la partie inférieure rappelle la guérison de l’enfant possédé.




Le texte biblique

16
En effet, pour vous faire connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ, nous n'avons pas eu recours aux inventions des récits mythologiques, mais nous l'avons contemplé lui-même dans sa grandeur.
17
Car il a reçu du Père l'honneur et la gloire quand est venue sur lui, de la gloire rayonnante de Dieu, une voix qui disait :
Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en lui j'ai mis tout mon amour.
18
Cette voix venant du ciel, nous l'avons entendue nous-mêmes quand nous étions avec lui sur la montagne sainte.
19
Et ainsi se confirme pour nous la parole des prophètes ; vous avez raison de fixer votre attention sur elle, comme sur une lampe brillant dans l'obscurité jusqu'à ce que paraisse le jour et que l'étoile du matin se lève dans vos cœurs.


2 Pierre 1, 16-19



Commentaires

Ce texte qui décrit la scène rapportée par Matthieu sur la Transfiguration de Jésus, a pour objet moins la transfiguration que le témoignage rendu par le Père à son Fils. Seul le mot de gloire évoque l’éclat lumineux qui baigne la scène.
Au début l’auteur veut contrer les enseignements des faux docteurs, considérés comme des inventeurs de « récits mythologiques » (des fables sophistiquées). Le terme de fable ou de mythe est chargé d’un sens dépréciatif comme dans les lettres pastorales à Timothée ou à Tite. Le sens est différent de celui que lui donnent les philosophes et historiens des religions. Ce mot correspond tantôt à des légendes mythologiques et cosmogoniques, tantôt à des « oracles » révélés. Il s’agit ici de condamner les vaines fictions des hérétiques par opposition à la solidité du témoignage apostolique.
Au contraire, l’auteur précise bien qu’il a été un témoin de la vision : le mot qu’il emploie : « nous l’avons contemplé » évoque une révélation de l’invisible. La vision de Pierre a porté sur la puissance et la venue de Jésus.
Ce qui importe, c’est la parole de présentation prononcée par la voix céleste : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui j’ai mis tout mon amour » ; la phrase est reprise d’Isaïe 42, 1 : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu que j'ai moi-même en faveur, j'ai mis mon Esprit sur lui. Pour les nations il fera paraître le jugement ». Ici c’est le serviteur est le Fils bien aimé, il est l’unique.
L’invitation à écouter le Fils que l’on trouve dans les évangiles synoptiques manque ici. On dirait qu’il faut écouter les apôtres pour écouter le Fils ; et en effet c’est eux qui nous l’ont fait connaître : nous devons croire sur la parole des témoins.
La confrontation du témoignage des apôtres et la parole des prophètes se renforcent mutuellement. Sans la révélation de l’Evangile, la prophétie demeure voilée, mais sans les annonces répétées du Premier Testament le message du Nouveau Testament perd un appui précieux.
Le symbolisme de l’étoile du matin était familier aux premiers chrétiens (voir Ap 2 28,28 et 22,16), car il était présent dans nombre de textes de l’Ancien Testament ( Nb 24,17, Jr 23,5, Za 3,8) . C’est la lumière qui se lève dans nos cœurs, la lumière de la foi, reçue du témoignage apostolique, qui importe.







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