En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

L'assomption

Publié le Vendredi 15 août 2008


Giovanni Battista TIEPOLO, 1696-1770, L’Immaculée conception 1767-69 ; Prado, Madrid

Grand peintre religieux, Giambatista Tiepolo a réalisé cette toile magistrale en 1768.
Suivant la tradition d’interprétation du texte du texte d’Apocalypse 12, ce tableau représente la figure de la Vierge Marie glorieuse.
La manifestation céleste de la femme « enveloppée de soleil avec la lune sous les pieds et sur sa tête une couronne de 12 étoiles », paraît anticiper l’exaltation de Marie Mère de Dieu, l’Assomption.

La jeune femme se tient debout sur le globe terrestre, elle peut représenter toute l’humanité. Le croissant de lune, symbole de chasteté, apparaît derrière les pieds de la jeune femme pour se conformer au texte de l’Apocalypse. Elle foule à ses pieds le dragon qui mord la pomme, alors que le pommier est tombé à terre. Elle est victorieuse du mal apporté par Satan à Eve, la première femme, victorieuse du mal dans le monde.
A ses pieds également un miroir et un chérubin portant une fleur de lys évoquent la pureté de Marie.
Elle est entourée de chérubins, qui se meuvent dans le ciel : ces figures apportent une grande mobilité à la composition. Ciel et terre sont unis dans la gloire de Marie. Avec son manteau qui se déploie largement sur le fond lumineux, elle embrasse tout l'espace tout en gardant une modération et une grande simplicité.



Le texte biblique

Le Temple qui est dans le ciel s'ouvrit,
et l'arche de l'Alliance du Seigneur
apparut dans son Temple,
et il y eut des éclairs, des fracas, des coups de tonnerre,
un tremblement de terre et une terrible grêle.
Chapitre 12
1 Un signe grandiose apparut dans le ciel :une Femme,ayant le soleil pour manteau,la lune sous les pieds,et sur la tête une couronne de douze étoiles.
2 Elle était enceinte et elle criait,torturée par les douleurs de l'enfantement.
3 Un autre signe apparut dans le ciel :un énorme dragon, rouge feu,avec sept têtes et dix cornes,et sur chaque tête un diadème.
4 Sa queue balayait le tiers des étoiles du ciel,et les précipita sur la terre.Le Dragon se tenait devant la femme qui allait enfanter,afin de dévorer l'enfant dès sa naissance.
5 Or, la Femme mit au monde un fils, un enfant mâle,celui qui sera le berger de toutes les nations,les menant avec un sceptre de fer.L'enfant fut enlevé auprès de Dieu et de son Trône,
6 et la Femme s'enfuit au désert,où Dieu lui a préparé une place,

Alors j'entendis dans le ciel une voix puissante,
qui proclamait :
« Voici maintenant le salut,
la puissance et la royauté de notre Dieu,
et le pouvoir de son Christ !

Apocalypse 11,19a ;12,1-6a.10ab



Commentaires

La scène se passe au ciel ; tout commence avec l’apparition de cette femme qui a le soleil pour manteau, la lune sous les pieds , et sur la tête une couronne d’étoiles.
Le mention des 12 étoiles fait de la femme une figure du peuple de Dieu (12 tribus d’Israël). Les textes de l’Ancien Testament et les textes juifs nous ont habitué à cette personnification sous des traits féminins. Cette description rappelle celle du Cantique des cantiques dont Jean s’est inspiré : « Qui est celle-ci qui apparaît, belle comme la lune, resplendissante comme le soleil ? » (Ct 6,10). Le prophète Isaïe a chanté Jérusalem parée de la lumière de Dieu, il a aussi annoncé que Dieu donnerait à cette femme d’enfanter un monde nouveau (Is 60-62).
L’adversaire, « un énorme dragon, rouge feu, avec sept têtes et dix cornes, et sur chaque tête un diadème » apparaît. Il est redoutable de puissance et d’intelligence et revendique un statut royal exprimé par ses diadèmes. Il attend pour dévorer l’enfant que la femme est sur le point de mettre au monde.
Jean révèle l’identité de l’enfant : « un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations », selon une relecture chrétienne du Psaume 2, 7-9.
Il s’agit bien d’une naissance particulière, celle de Jésus au Calvaire et non à Bethléem. C’est là qu’ont eu lieu les douleurs de l’enfantement ; selon Jean Jésus lui-même avait comparé sa mort à une naissance (Jn 16, 19-22). Dans l’ensemble du livre de l’Apocalypse, il est toujours question d’évènements de la vie de Jésus postérieurs à sa Passion. L’auteur se concentre sur l’évènement majeur de la vie de Jésus : sa mort et sa résurrection.
La femme s’enfuit au désert, sous la protection de Dieu et ce pour le temps que durera l’épreuve. Mais la victoire de l’enfant et sa royauté sur le monde sont assurées.
L’humanité nouvelle est née dans ce grand enfantement douloureux de la croix où le Fils de Dieu, portant en lui toute l’humanité pécheresse, a fait une fois pour toutes le grand passage de la mort et de la vie ; l’enfantement de la croix s’ouvre sur le triomphe du Christ.


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