En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Pour vous qui suis-je ?

Publié le Jeudi 20 février 2020


Marc Chagall, 1887-1985, L'exode, 1952, Nice, musée national Marc Chagall

Ce tableau de Chagall est lumineusement dominé par ce Christ en croix, le Messie qui vient sauver les hommes en détresse.

La toile est envahie par une marée humaine qui se perd jusqu’aux limites du tableau.

La foule compacte regroupe hommes, femmes et enfants porteurs de la Torah, juifs errant portant de maigres baluchons et même des mariés sous, leur dais rouge.

Au premier plan sont représentées des maisons sous la neige que le feu commence à dévorer

Au centre deux femmes vêtues de bleu, auréolées de lumière, avancent devant la foule.

Moïse tenant les tables de la Loi marche en guidant le peuple vers la Terre Promise : le tableau s’intitule « l’Exode ». Mais en haut à gauche Chagall fait aussi allusion à l’Holocauste qui pousse les Juifs à fuir vers la Palestine.

Toutes ces scènes sont dominées par un Christ en croix dont la tête s‘inscrit dans un large cercle de lumière divine. Il rassemble un peuple souffrant vers lequel il baisse les yeux et qu’il tente de protéger par ses bras grands ouverts.

Cette lumière se propage vers l’enfant au premier plan, vers Moïse, sur la mariée et les fait participer à la lumière de Jésus souffrant, le Messie sauveur. Chacun peut le reconnaître et mettre sa confiance en lui.



Le texte biblique

Jésus s’en alla, ainsi que ses disciples, vers les villages situés aux environs de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il interrogeait ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? »

 Ils lui répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes. »

 Et lui les interrogeait : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre, prenant la parole, lui dit : « Tu es le Christ. »

Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne.

 Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite.

 Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches.

Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

Mc 8,27-33



Commentaires

Jésus emmène ses disciples au loin, dans une région écartée, en plein territoire païen.

Jésus profite de leur longue marche pour sonder l’opinion qu’ils ont de lui, leur posant diverses questions sur sa propre personne « Pour les gens qui suis-je ? ». Pour les uns il est assimilé à Jean Baptiste ou à Elie, pour d’autres, à un des prophètes antiques. Vision populaire qui comprend Jésus comme un Maître envoyé de Dieu. Mais c’est une idée encore bien floue.

Alors Jésus pose à son entourage la même question, pour vous-même qui-suis-je ?

Les hommes à qui il pose cette question l’ont suivi depuis déjà de nombreux mois, dans des pérégrinations géographiques mais aussi spirituelles. C’était le moment pour Jésus pour faire le point sur cette longue pédagogie de la foi. Ont-ils acquis une perception plus nette de son identité ?

La réponse de Pierre a la forme d’une profession de foi sans équivoque, il parvient à donner à Jésus son exacte identité : il est « le Messie », l’envoyé de Dieu. On se rappelle que le Messie attendu par les Juifs était un libérateur politique autant que religieux.

Mais Jésus parle de lui-même comme d’un Messie qui doit souffrir, mourir. Il utilise pour se désigner un autre terme : « le fils de l’homme », indiquant par là une personne profondément engagée dans le mystère de Dieu et son dessein de salut pour le monde.

Cet homme destiné à réaliser la victoire du Règne de Dieu sur le Mal doit souffrir et mourir.

Ainsi Jésus met les disciples devant un mystère qui les dépasse. Il annonce aussi sa résurrection, promesse qui ne pouvait être entendue que de façon très vague. C’est un véritable choc pour les disciples. Pierre s’insurge.

La réaction de Jésus est vive et nous étonne. Pourquoi Jésus voit-il en la réponse de Pierre une inspiration du diable ? On se rappelle les tentations de Jésus au désert, tentation de réussite humaine, de pouvoir. C’est une possibilité envisagée par Satan, qui pourrait détourner de la confiance en Dieu, faire surgir le soupçon et la violence. Pierre semble s’engouffrer dans une telle vision, alors Jésus l’en écarte vivement.

 

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