En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

le carême, la violence (2)

Publié le Mercredi 4 mars 2020


La montée de la vendetta et de la violence dans l’humanité culmine dans ce symbole de l’auto-destruction : le déluge est présenté comme une expérience de fin du monde. Mais Dieu renouvellera son alliance avec les êtres humains en régulant la violence par la Loi.

Michel Ange, 1475-1564, le déluge, plafond de la chapelle sixtine, 1508-1512, Le Vatican, Rome

Michel Ange a reçu la commande du pape Jules II della Rovere de la décoration de la voûte de la chapelle Sixtine au Vatican. Cet énorme travail occupa l’artiste pendant 3 ans. Michel Ange a fait succéder neuf scènes, neuf épisodes de la Genèse, la création de l’univers, le cycle d’Adam et Eve et le cycle de Noé, avec au centre cette représentation du déluge.

Michel Ange fait une représentation très novatrice du déluge impliquant de nombreux personnages et recourant à une narration diachronique : il relate simultanément la violente tragédie de l’humanité pécheresse et le sauvetage de Noé.

Au premier plan, la foule échappe à la montée des eaux qui enflent irrésistiblement, mais les hommes espèrent encore qu’il est possible de sauver quelques enfants, bêtes ou objets. Michel Ange en profite pour développer son art et montrer les sentiments très humains de lamentation, ou de peur.

Au plan intermédiaire la tragédie bat son plein, quelques personnes tentent de se sauver sur une chaloupe ou un ilot où une bâche a été dressée, le monde est submergé, aucune chance de sauvetage.

Au loin l’arche, belle et solide est assaillie vainement par quelques-uns. L’arche ressemble à un jouet vide. Noé, à travers une fenêtre, domine les eaux, la colombe sur le toit attend la décrue.

Michel Ange présente une histoire inverse à celle de la Bible, une humanité désolée mais volontaire, qui ne sera pas sauvée.

 

 

Depuis qu’Adam et Eve ont été chassés du paradis, depuis que Caïn a tué son frère , la violence a proliféré sur la terre, corruption, perversion.. Dieu ne peut laisser l’homme aller à sa perdition. Comment arrêter les hommes dans leur folie auto-destructrice ?

Dieu décide de donner un nouveau départ, à partir d’un seul homme qui est resté fidèle et juste, comme Dieu l’a voulu ; comme Adam Noé sera le premier-né d’une humanité nouvelle.

Pour réaliser son projet Dieu « démonte » d’abord la création, fait retourner le monde au chaos primordial. Les eaux mortelles engloutissent les êtres gangrainés par la violence, sauf Noé et sa famille, ainsi qu’un couple de chaque espèce animale, Dieu protège la vie.

Alors peut commencer la nouvelle création. Sur les eaux de nouveau passe le souffle de Dieu, pour y féconder la vie. La terre sèche réapparaît, une nouvelle humanité sort de l’arche.

Ainsi Dieu propose à nouveau son alliance perpétuelle. Mais s’il laisse la liberté à l’homme, une limite reste posée, régulant la violence meurtrière ; puisque le cœur de l’homme étant enclin au mal, « à chacun je demanderai compte de la vie de son propre frère ». Respecter son frère est la seule manière de répondre à la bénédiction que Dieu ne cesse de nous offrir.



Le texte biblique

Le Seigneur vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre, et que toutes les pensées de son cœur se portaient uniquement vers le mal à longueur de journée.

Le Seigneur se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre ; il s’irrita en son cœur et il dit :

« Je vais effacer de la surface du sol les hommes que j’ai créés – et non seulement les hommes mais aussi les bestiaux, les bestioles et les oiseaux du ciel – car je me repens de les avoir faits. »

Mais Noé trouva grâce aux yeux du Seigneur.

Le Seigneur dit à Noé : « Entre dans l’arche, toi et toute ta famille, car j’ai vu qu’au sein de cette génération, devant moi, tu es juste.

De tous les animaux purs, tu prendras sept mâles et sept femelles ; des animaux qui ne sont pas purs, tu en prendras deux, un mâle et une femelle ;

et de même des oiseaux du ciel, sept mâles et sept femelles, pour que leur race continue à vivre à la surface de la terre.

 Encore sept jours, en effet, et je vais faire tomber la pluie sur la terre, pendant quarante jours et quarante nuits ; j’effacerai de la surface du sol tous les êtres que j’ai faits. »

Noé fit tout ce que le Seigneur lui avait ordonné.

 Sept jours plus tard, les eaux du déluge étaient sur la terre.

Au bout de quarante jours, Noé ouvrit la fenêtre de l’arche qu’il avait construite,

et il lâcha le corbeau ; celui-ci fit des allers et retours, jusqu’à ce que les eaux se soient retirées, laissant la terre à sec.

 Noé lâcha aussi la colombe pour voir si les eaux avaient baissé à la surface du sol.

La colombe ne trouva pas d’endroit où se poser, et elle revint vers l’arche auprès de lui, parce que les eaux étaient sur toute la surface de la terre ; Noé tendit la main, prit la colombe, et la fit rentrer auprès de lui dans l’arche.

Il attendit encore sept jours, et lâcha de nouveau la colombe hors de l’arche.

 Vers le soir, la colombe revint, et voici qu’il y avait dans son bec un rameau d’olivier tout frais ! Noé comprit ainsi que les eaux avaient baissé sur la terre.

Il attendit encore sept autres jours et lâcha la colombe, qui, cette fois-ci, ne revint plus vers lui.

C’est en l’an six cent un de la vie de Noé, au premier mois, le premier jour du mois, que les eaux s’étaient retirées, laissant la terre à sec. Noé enleva le toit de l’arche, et regarda : et voici que la surface du sol était sèche.

 Noé bâtit un autel au Seigneur ; il prit, parmi tous les animaux purs et tous les oiseaux purs, des victimes qu’il offrit en holocauste sur l’autel.

Le Seigneur respira l’agréable odeur, et il se dit en lui-même : « Jamais plus je ne maudirai le sol à cause de l’homme : le cœur de l’homme est enclin au mal dès sa jeunesse, mais jamais plus je ne frapperai tous les vivants comme je l’ai fait.

Tant que la terre durera, semailles et moissons, froidure et chaleur, été et hiver, jour et nuit jamais ne cesseront. »

Gn 6,5-8 ; 7,1-5.10 ; 8,6-13.20-22



Commentaires

« Le nombre de 40 a une valeur symbolique liée au mystère de notre salut. Pendant 40 jours la pluie tomba pour purifier le monde et maintenant c’est aussi pendant les 40 jours du Carême que la miséricorde est offerte aux hommes pour qu’ils se purifient.

Le déluge, d’ailleurs, ne pourrait-il être appelé lui aussi, une miséricorde de Dieu ? Grâce à lui, le mal fut anéanti et la justice sauvegardée ; le juste échappa et les péchés des méchants eurent un terme ; la face de la terre se trouva renouvelée par les eaux comme par un baptême 

[...].

 Oui le déluge est la figure du baptême. Ce qui se produisit alors s’accomplit encore aujourd’hui : quand les vices furent détruits par les sources des eaux jaillissantes, la justice régna souveraine ; quand les péchés disparurent, noyés au fond de l’abîme, la sainteté put s’élever tout près du ciel : voilà ce qui se réalise maintenant aussi dans l’Eglise du Christ

 [...].

Portée par l’eau du baptême, elle s’élève près du ciel ; les superstitions et les idoles sont englouties, et sur terre se répand la foi, jaillie de l’arche du Sauveur ».

Maxime de Turin (mort en 420) Sermon pour le Carême

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