En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

La bénédiction du dépouillement

Publié le Mercredi 8 juillet 2020


Caspar David Friedrich, 1774 1840, L’Abbaye dans une forêt de chênes,   1809-1810. Alte Nationalgalerie, Berlin (Allemagne)

 

 Caspar David Friedrich, est un peintre dessinateur allemand romantique. Il fut très éprouvé dans sa petite enfance par la mort de sa mère et de plusieurs de ses frères et sœurs, ce qui eut une forte influence sur son art où la mort est présente. Jeune homme il se rapproche de la pensée de Schleiermacher, théologien protestant et philosophe (1768-1834). Il entretient une importante relation épistolaire avec Goethe, qui affirme notamment que tout ce qui existe dans la nature appartient à une vision globale décelable par l’esprit. Son œuvre est essentiellement composée des paysages ; cherchant à donner une dimension spirituelle à ses tableaux, il dit lui-même : « Le peintre ne doit pas peindre seulement ce qu'il voit en face de lui, mais aussi ce qu'il voit en lui. » 

Dans ce tableau Abbaye dans une forêt de chênes, Friedrich montre une procession de moines se dirigeant vers le portail d’une église en ruine de style gothique ; certains portent un cercueil. Seules deux bougies éclairent leur parcours. Sur le sol enneigé apparaît une tombe fraîchement creusée à coté de quelques croix. La partie inférieure du tableau est dans l’obscurité, mais les ruines et des chênes sans feuilles reçoivent la lumière du soleil couchant, déjà un croissant de lune est visible. Le renouveau est proche.



Le texte biblique

  Israël était une vigne luxuriante, qui portait beaucoup de fruit. Mais plus ses fruits se multipliaient, plus Israël multipliait les autels ; plus sa terre devenait belle, plus il embellissait les stèles des faux dieux.

 Son cœur est partagé ; maintenant il va expier : le Seigneur renversera ses autels ; les stèles, il les détruira.

  Maintenant Israël va dire : « Nous sommes privés de roi, car nous n’avons pas craint le Seigneur. Et si nous avions un roi, que pourrait-il faire pour nous ? »

  On parle, on parle, on fait de faux serments, on conclut des alliances ; le jugement fleurit comme l’herbe vénéneuse sur les sillons des champs.

 Les habitants de Samarie tremblent pour le veau de Beth-Awen : pour lui son peuple est en deuil, avec ses desservants qui pour lui exultaient, car sa gloire a été déportée au loin.

  Lui-même sera transporté en Assour comme offrande au Grand Roi ; Éphraïm en aura de la honte, et Israël rougira de son idole.

  Ils ont disparu, Samarie et son roi, comme de l’écume à la surface de l’eau.

  Les lieux sacrés seront détruits, ils sont le crime, le péché d’Israël ; épines et ronces recouvriront leurs autels. Alors on dira aux montagnes : « Cachez-nous ! » et aux collines : « Tombez sur nous ! »

 Depuis les jours de Guibéa, tu as péché, Israël ! C’est là qu’ils en sont restés ! Et le combat contre les fils du crime ne les atteindrait pas à Guibéa ?

  Au gré de mes désirs, je vais les corriger : les peuples se ligueront contre eux et les corrigeront de leur double faute.

 Éphraïm était une génisse bien dressée, qui aimait fouler le grain. Et moi, j’ai passé le joug sur la beauté de son encolure, j’attellerai Éphraïm, Juda labourera et Jacob hersera.

Faites des semailles de justice, récoltez une moisson de fidélité, défrichez vos terres en friche. Il est temps de chercher le Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne répandre sur vous une pluie de justice.

 


Os 10, 1-3,-.3-7.8.12



Commentaires

Osée fut prophète dans le royaume du Nord, Israël, probablement de 750 à 723.

Il évoque ici la terrible période où le Israël va tomber sous la domination de l’Assyrie : Samarie, la capitale, est prise en 722 et la population est déportée.

Cette disparition sera définitive, en effet la restauration d’un royaume uni, Israël au Nord et Juda au Sud, ne sera jamais réalisée, mais l’espérance continuera d’habiter les œuvres des prophètes.

Osée reproche à Israël son infidélité, annonce des sanctions et enfin appelle à la conversion.

A la faveur d’une période de prospérité, Israël a multiplié les autels et les stèles en faveur des divinités de la nature, les Baals. On les implorait sans cesse pour que le cycle généreux de la nature ne s’interrompe pas. Osée critique ces cultes utilitaires et idolatriques, calqué sur les manières de faire des Cananéens. La vigne évoque la prospérité, les stèles sont des pierres dressées, à la fois symbole masculin de fécondité et mémorial d’une rencontre avec la divinité, qui deviennent des idoles.

Le cœur d’Israël est partagé, il se laisse entraîner dans une religion façonnée par les intérêts humains. L’oubli de Dieu, l’oubli de l’autre et notamment du pauvre sont conjugués dans le texte avec les choix politiques catastrophiques. 

Tour le royaume du Nord disparaît, la punition sera sévère. Mais avec le pays, ce sont toutes les marques de l’idolatrie qui disparaîtront aussi !

C’est que les sanctions annoncées ne sont pas le dernier mot : des actions sont proposées à Israël qui ne seront efficaces qu’avec l’appui du Seigneur: Osée utilise un vocabulaire agricole pour évoquer une possibilité de renouveau. La possibilité de labourer, de semer, de moissonner à nouveau est entrevue.
Cherchez le Seigneur, exhorte le prophète : le chercher, c’est changer entièrement de comportement, rétablir le droit et le respect dans la vie sociale et personnelle.
Alors le Seigneur répandra une pluie de justice : telle est la richesse du salut offert par le Seigneur  aux cœurs suffisamment préparés, labourés pour le recevoir !

 

 

 

 

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