En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Notre Dame des douleurs

Publié le Lundi 15 septembre 2008


Michel-Ange (1475-1564) Pietà (1498-1500), Saint Pierre de Rome

L'Eglise fait mémoire de la souffrance de Marie au lendemain de la fête de la sainte croix. Marie a souffert dans son cœur la passion de son Fils. Cette souffrance est exprimée de manière réservée, retenue, intérieure, priante par Michel Ange.

Marie participe humainement à la mort du son fils, elle récupère son corps inerte, maigre, abandonné sur ses genoux. Cette sculpture montre la souffrance du Fils bien aimé , dont la beauté reste intacte malgré la souffrance et la mort.

Marie le porte d'une main comme une mère porte son enfant, son autre main est ouverte en signe d'offrande. Son cœur maternel le soutient, elle ne l'abandonne pas même après sa mort. Elle a communié intimement à la passion de son fils, reste avec lui après sa mort. Marie se montre profondément mère.

Marie a un visage jeune, beau et fin. Elle paraît pleine de tendresse, paisible malgré la grande souffrance qu'elle doit éprouver. Depuis le début elle a tout abandonné pour Dieu, elle est promise à la Résurrection. La beauté de la Vierge juvénile fait écho aux vers de Dante : « Vierge mère, fille de ton fils. »

La composition équilibrée de la sculpture, Marie surplombe verticalement le corps du Christ horizontal reposant sur un drapé qui reprend les mêmes lignes que son corps. Pas de gesticulation, tout est serein, le groupe appelle à la méditation sur la souffrance, l'attente de la résurrection.



Le texte biblique

Le Christ , pendant les jours de sa vie mortelle, a présenté avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication, à Dieu qui pouvait le sauver de la mort ; et parce qu’il s’est soumis en tout, il a été exaucé. Bien qu’il soit le fils, il a pourtant appris l’obéissance par les souffrances de sa passion ; et, ainsi conduit à sa perfection, il devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.

 

Hb 5,7-9



Commentaires

La Lettre aux Hébreux, écrite de Rome, s’apparente à un traité plus qu’à une lettre ; l’auteur n’est certainement pas saint Paul, mais pourrait être un théologien très influencé par la pensée paulinienne. La lettre aux Hébreux insiste sur la vie de Jésus qui a pleinement participé à la condition humaine et temporelle ; comme ses « frères », les hommes, Jésus a participé au sang et à la chair, et aux jours de sa chair, de sa vie terrestre, il a connu l’angoisse et prié pour être sauvé de la mort.

 

Jésus a une mission, annoncer la Bonne Nouvelle ; il en trouve le fondement dans l’Ecriture et dans les évènements de sa vie : « il a appris par la souffrance l’obéissance ». Il se montre le modèle de fils soumis à la pédagogie paternelle. La Parole de Dieu en Jésus, c’est la prédication (2,3b), la bonne nouvelle (4,2.6), et sa vie, « le chemin (qu’a suivi) sa chair » (10,20). Ainsi sauve-t-il « ceux qui lui obéissent », c’est-à-dire ceux qui se mettent à son écoute et à sa suite. La tradition reçue par Paul affirme que le « Christ est mort pour nos péchés selon les Ecritures » (1 Co 15,3, et Rm 3,25 : c’est lui que Dieu a destiné à servir d’expiation par son sang») ; la lettre aux Hébreux approfondit ce don que Jésus fait de sa propre vie pour s’accorder totalement au dessein de salut du Père : « Bien qu’il soit le fils, il a pourtant appris l’obéissance par les souffrances de sa passion ».

 Obéissant jusqu’à la mort : cela ne signifie pas que Dieu voulait la mort de Jésus, mais que Jésus s’est parfaitement accordé à la volonté de Dieu qui était d’offrir jusqu’au bout aux hommes la possibilité de répondre à son appel, sans jamais les contraindre ; en poursuivant ce dessein, Jésus a accepté d’affronter la mort et de la subir. Le chemin d’obéissance qu’a suivi Jésus pour mettre sa volonté en parfait accord avec celle du Père l’a conduit à aller jusqu’au bout, à la « perfection » ou « l’accomplissement ».

 

Cette perfection est à prendre au sens large, perfection de sa personne, de l’accomplissement de sa vie. Perfection qui vise le développement de toute vie chrétienne : en obéissant au Père, jusqu’à remettre sa propre vie, Jésus donne l’exemple de celui dont la foi est parfaite et qui n’attend plus que la résurrection.

 

Les chrétiens sont destinés à vivre dans l’obéissance filiale, à l’exemple du Fils, en faisant la volonté de Dieu, lui remettant en toute confiance leur vie, car ils entrent ainsi à la suite du Fils dans la force de la résurrection

 

 

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