En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Dédicace des basiliques saint Pierre et de saint Paul

Publié le Mardi 18 novembre 2008


Saint Paul hors les murs , porte en bronze, Antonio Mariani , 1921-1931

Saint Paul au centre grand, imposant arrive à Rome, les disciples viennent à sa rencontre, femmes enfants , on sort de sa maison. Il les bénit, il continue à prêcher et à répondre l’évangile. Il est suivi d’un centurion romain qui le laisse faire mais qui tient une chaîne montrant que Paul est son prisonnier. Ils sont tous les deux en mouvement, (posture des pieds, mouvement des bras, et plis des vêtements. Le style est classique :vêtu de la toge romaine, la démarche et le geste emphatiques, Paul va toujours de l’avant. Dans le fond un bateau évoque le voyage sur mer de Paul.

Sur le sommet de la colonne derrière Paul, une statue mais surtout une grande épée de travers, symbolisant la future mort de Paul qui sera décapité sur la route d’Ostie. Si bien que l’auréole de Paul est surmonté par une sorte de croix associant le glaive du martyre et de la parole à la colonne romaine.



Le texte biblique

Au bout de trois mois, nous avions repris la mer à bord d'un navire d'Alexandrie, le « Castor-et-Pollux », qui avait passé l'hiver dans l'île.
Nous avons abordé à Syracuse et nous y avons passé trois jours.
En suivant la côte, nous sommes parvenus à Reggio. Le lendemain, le vent du sud s'est levé, et en deux jours nous avons atteint Pouzzoles.
Nous y avons trouvé des frères qui nous ont invités à passer la semaine chez eux. Voilà comment nous avons gagné Rome.
De la ville, les frères, qui avaient entendu parler de nous, sont venus à notre rencontre jusqu'aux villages du Marché-d'Appius et des Trois-Tavernes. En les voyant, Paul rendit grâce à Dieu, et il reprit courage.
A notre arrivée à Rome, il reçut l'autorisation d'habiter en ville avec le soldat qui le gardait.

Paul demeura deux années entières dans le logement qu'il avait loué ; il accueillait tous ceux qui venaient chez lui ; il annonçait le règne de Dieu et il enseignait ce qui concerne le Seigneur Jésus Christ avec une assurance totale, et sans rencontrer aucun obstacle.

Ac 28-11.30-31



Commentaires

Plus de trente ans après le martyre de Paul à Rome, Luc, disciple de l’école paulinienne et évangéliste, entreprend de raconter l’histoire de la mission chrétienne. Conduite par l’Esprit Saint, la Parole de Dieu portée par les apôtre atteint Rome. Paul apparaît comme le modèle idéalisé du missionnaire et du témoin. La traversée en bateau affronte de nombreux dangers. Mais après un séjour à Malte où il avait fait naufrage et avait attiré la confiance des habitants, Paul repart pour Rome sur un bateau venant d’Alexandrie ; le bateau porte à sa proue l’image de Castor et Pollux, patrons des navigateurs. Sur son chemin, Paul est partout accueilli par des frères : la foi chrétienne s’est déjà répandue jusqu’à Rome, et le texte veut manifester déjà la présence de l’Eglise universelle, comme une communauté de frères qui partout s’accueillent et s’entr’aident.

A Rome, en attendant sa comparution devant l’empereur, Paul reste en semi-liberté avec un régime relativement, mais gardé nuit et jour par un soldat : c’est probablement le régime de la custodia militaris, la garde militaire, tout de même fort humiliant, puisque le bras droit du prisonnier devait être enchaîné en bras gauche de son gardien.

Les deux derniers versets de notre texte sont les deux derniers du livre des Actes des Apôtres. Luc ne dit rien sur la comparution de Paul devant César et sut ce qui s’est passé au terme des deux années qui suivent ; il ne cherche pas à écrire une biographie de Paul. Seul compte pour lui le fait que la Parole de Dieu a atteint son but en arrivant à Rome, centre de l’Empire Romain : Luc considère que le programme donné par Jésus aux disciples en Actes 1,8 est rempli : à partir de Jérusalem, la mission chrétienne a atteint les extrémités de la terre.

Elle poursuit sa course sans obstacle ; on lit dans la deuxième lettre à Timothée « on n’enchaîne pas la Parole de Dieu » (2 Tm 2,9). C’est une des constantes de ce que Luc a voulu montrer en racontant l’histoire des envoyés du Christ : en dépit de toutes les oppositions, de toutes les tentatives de museler les porte parole de l’Evangile, aucun obstacle humain n’arrête la course de la Parole.

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