En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

la lumière de Jérusalem

Publié le Mercredi 3 décembre 2008


Jérusalem céleste, Bible, Belgique, 1313, BNF

La Jérusalem céleste est représentée comme une construction fortifiée où règne un Christ de gloire : personnage auréolé, tenant le livre d’une main et bénissant de l’autre. Tout symbolise la gloire de la ville : le ciel constellé d’étoiles qui éclairent la ville, des anges à chaque fenêtre chantent la gloire de Dieu, au son de trompettes ! La Jérusalem est resplendissante, elle tient sa gloire de Dieu, du Christ.

Au-dessous, les hommes assis tournent leur regard vers elle, admirent la ville, fondent en elle leur espérance, se mettent en prière.



Le texte biblique

Debout, Jérusalem !

Resplendis :
elle est venue, ta lumière,
et la gloire du Seigneur s'est levée sur toi.
Regarde : l'obscurité recouvre la terre,
les ténèbres couvrent les peuples ;
mais sur toi se lève le Seigneur,
et sa gloire brille sur toi.
Les nations marcheront vers ta lumière,
et les rois, vers la clarté de ton aurore.
Lève les yeux, regarde autour de toi :
tous, ils se rassemblent, ils arrivent ;
tes fils reviennent de loin,
et tes filles sont portées sur les bras.
Alors tu verras, tu seras radieuse,
ton cœur frémira et se dilatera.
Les trésors d'au-delà des mers afflueront vers toi
avec les richesses des nations.

Des foules de chameaux t'envahiront,
des dromadaires de Madiane et d'Épha.
Tous les gens de Saba viendront,
apportant l'or et l'encens
et proclamant les louanges du Seigneur.

Isaie 60,1-6



Commentaires

Le thème de Jérusalem court à travers tout le livre d'Isaïe aussi bien dans la première partie du livre, avant l'exil, que dans la seconde après l'exil. Dès le premier chapitre, le prophète du 8ème siècle invite la cité corrompue et infidèle à revenir et à marcher à la lumière du Seigneur sous peine de connaître la ruine.

Pour les derniers rédacteurs du livre, qui poursuivent l'œuvre d'Isaïe, Jérusalem, ou Sion, revêt une personnalité féminine qui symbolise une promesse de salut pour tous les peuples et pas seulement pour les fils d'Israël. La promesse est paradoxale car, si les exilés sont rentrés, ils se débattent dans une situation aussi décevante que peu glorieuse et les dissensions retardent la reconstruction du Temple. C'est pourtant à cette ville blessée, encore sans Temple ni murailles, que s'adresse cet oracle de salut en forme de poème.

Si Jérusalem se relève, resplendit et devient lumière, c'est du Seigneur qu'elle le tient. C'est Lui qui est gloire et lumière, c'est Lui qui se lève sur la ville plongée dans l'obscurité et permet qu'à son tour elle se lève, telle un astre, pour les nations plongées dans le brouillard. Le rayonnement de Jérusalem va déclencher un grand mouvement, va mettre le peuple et les nations en marche..

Les premiers à se diriger vers elle sont ses fils et ses filles trop longtemps éloignés, eux qui ont peut-être préféré un temps un exil confortable, mais qui retournent enfin vers leur mère. Les nations étrangères viennent ensuite, non pas dans un esprit de conquête comme dans un passé proche, mais en pèlerinage et pour chanter les louanges du Seigneur.

La suite du texte l'annonce, la ville humiliée et en deuil sera à jamais ville du Seigneur, lumière pour toutes les nations. Le texte témoigne d’une admirable aspiration à un salut universel, dépassant largement les limites du peuple d’Israël.

Le peuple de Dieu, qui sera réuni dans la cité sainte dans une harmonie parfaite, est appelé à vivre dans l’espérance



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