En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

La femme courbée

Publié le Lundi 25 octobre 2021


Évangéliaire copte arabe, la femme courbée, 1250, bibliothèque Fels , Institut Catholique de Paris

 

Evangéliaire copte arabe

Cet évangéliaire fur exécuté au Caire, en Egypte, vers 1250, par le moine Gabriel, futur patriarche d'Alexandrie.

Au folio 225, on peut lire : "Souvenez-vous de moi pour l'amour de Dieu, moi le pauvre Gabriel indigne d'être appelé moine et prêtre et que Dieu me pardonne. Au temps des martyrs 966" (c'est-à-dire 1250 de l'ère chrétienne)

Conservant encore une ancienne reliure en cuir à rabat, luxueusement enluminé, cet évangéliaire est l'un des plus précieux témoins de l'art du manuscrit copte qui soient arrivés jusqu'à nous. Le texte est écrit sur du papier dit "oriental", sans filigrane, à gauche en copte bohaïrique (un dialecte de la langue copte qui est actuellement utilisé dans la liturgie de l'Église copte orthodoxe), à droite en arabe.

Les illustrations occupent 18 pages, chacune divisées en 6 vignettes représentant des scènes évangéliques, accompagnées dans la marge d'inscriptions arabes.

La guérison de la femme courbée

Nous admirons ici la vignette consacrée à la guérison de la femme courbée.

           La scène est sobre, sur un fond d'or, le contexte divin est manifesté.

          Jésus auréolé crucifère se penche avec bonté vers la femme. La tête semble de face, mais ses yeux regardent intensément la femme. Il tient de la main gauche le rouleau de la Parole et tend sa main vers la femme en signe de bénédiction.

         La femme, elle aussi porte une auréole, mais simple ; elle est courbée, les deux mains s’appuyant sur une cane. Ses yeux sont fermés, est-elle en prière, prière de supplication, prière de louange ?

         La couleur verte des vêtements unit les deux personnages.

       

         La scène est présentée dans une sobriété extraordinaire, pas de synagogue, pas de foule, seule la communion intime entre Jésus et la femme ; elle évoque la délivrance de tout le peuple d'Israël, de tous les êtres humains, et invite à la prière.

 



Le texte biblique

Lecture de l'évangile de saint Luc (13, 10-17)

 

Jésus était en train d’enseigner dans une synagogue, le jour du sabbat.

  Voici qu’il y avait là une femme, possédée par un esprit qui la rendait infirme depuis dix-huit ans ; elle était toute courbée et absolument incapable de se redresser. 

  Et il lui imposa les mains. À l’instant même elle redevint droite et rendait gloire à Dieu.

  Quand Jésus la vit, il l’interpella et lui dit : « Femme, te voici délivrée de ton infirmité. » 

  Alors le chef de la synagogue, indigné de voir Jésus faire une guérison le jour du sabbat, prit la parole et dit à la foule : « Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat. »

 Le Seigneur lui répliqua : « Hypocrites ! Chacun de vous, le jour du sabbat, ne détache-t-il pas de la mangeoire son bœuf ou son âne pour le mener boire ?

 Alors cette femme, une fille d’Abraham, que Satan avait liée voici dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de ce lien le jour du sabbat ? »

  À ces paroles de Jésus, tous ses adversaires furent remplis de honte, et toute la foule était dans la joie à cause de toutes les actions éclatantes qu’il faisait.

Lc 13, 10-17



Commentaires

Récit de guérison

Ce récit de guérison est l'occasion pour Luc d'ouvrir une double interrogation : celle du sabbat et celle de la délivrance du peuple élu et de tout être humain asservi par le mal.

Le récit de la guérison proprement dite est assez court. Jésus est dans une synagogue , une femme souffre d'une infirmité attribuée à un esprit mauvais, qui fait qu'elle ne peut se tenir droite. Elle se tient courbée et ne peut relever la tête comme un être libre, elle est liée par Satan. Jésus lui impose les mains, geste souvent lié au rite d'exorcisme. La femme est délivrée et se met à louer Dieu.

Le jour du sabbat


Alors se pose la question d'un geste accompli le jour du sabbat, ce qui indigne le chef de la synagogue, puisqu'il assimile cette guérison à un travail.

Jésus traite le chef de la synagogue et la foule d'hypocrites, il rappelle que chacun fait bien les gestes indispensables pour les animaux le jour du sabbat. Faut-il respecter le sabbat et ignorer la souffrance de la femme infirme, de notre proche ? Dieu voit la peine de chacun, se penche sur celui qui souffre.

Jésus se manifeste comme le maître du sabbat, il affirme que l'intégrité de l'être humain prend le pas sur l'observance d'un précepte, libérer l'être humain est prioritaire.

La délivrance du peuple d'Israel

En déliant cette femme de l’esclavage de Satan, Dieu a poursuivi l’œuvre de libération du peuple d’Israël entreprise lors de l'Exode. Jésus redonne son identité de femme libre à cette fille d'Abraham.

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